Balafon : ça jazz sous le « Rocher »

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Le Rocher Jazz Band de Mezesse vient de sortir un nouveau CD censé souligner sa mutation.



Un rythme dansant mais tranquille, du genre à faire dodeliner de la tête. De temps en temps, une incursion de saxophone s’infiltrant entre des notes de balafons. Une alternance d’instruments modernes et traditionnels. L’ancien « Rocher Band de Mezesse » tient à le faire savoir dès le premier titre de son nouvel album qui en compte trois (plus une reprise) : il a résolument ouvert les bras au jazz. D’où son nouveau nom. Evidemment, l’équipe n’a pas renoncé aux racines. Ça donne un mélange certes atypique mais plutôt intéressant. Le fait que la musique soit soutenue par des voix bien posées – à moins que ce ne soit le contraire – ne gâche rien. Obam et Ada, les interprètes masculin et féminin font leur boulot. Tout comme les nombreux musiciens embarqués dans l’aventure.

Une aventure qui se confond avec le fameux rocher de cette localité du Dja-et-Lobo (le troisième titre y fait des références poétiques) et avec l’auteur compositeur, arrangeur et producteur exécutif de l’album, entre autres casquettes, David Mengue Ela. Un vieux rêve, une histoire d’amour de la musique dont l’aboutissement donne « Ngbwa’ak afub » (à la lisière du champ), le titre porté sur la pochette de l’album. Il est encore question d’amour : la chanson conte l’histoire d’un paysan amoureux qui conte fleurette à l’élue de son cœur en bordure du champ de cette dernière. Imaginez le tableau. Comme pour équilibrer les choses, le deuxième titre, « Nnom Nkoé » parle d’un célibataire endurci, quinquagénaire difficile à vivre qu’aucune femme n’arrive à supporter longtemps.

L’album s’écoute facilement. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le « mélange » d’instruments ne crée pas de surcharge sonore. Un regret tout de même : le groupe aurait peut-être dû prendre le temps de composer quelques chansons de plus.

AN
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