Hommage

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Des littéraires camerounais rendent hommage à Aimé Césaire

APA -Yaoundé (Cameroun) Le poète martiniquais Aimé Césaire, décédé jeudi matin à de Fort-de-France (Martinique) à l’âge de 94 ans, laisse un héritage culturel ‘’incommensurable’’ à l’humanité, selon Joseph Fumtim, poète et membre du directoire des éditions Ifrikiya. au Cameroun.

Interrogé jeudi par APA, il a décrit le disparu comme un homme qui menait de front le même combat contre le colonialisme, pendant que d’autres avaient une vision trop essentialiste de la culture africaine.

« C’est dommage que les Africains, surtout les auteurs de sa génération n’aient pas compris son message, eux qui considéraient la culture africaine comme quelque chose de déjà construit alors que lui a su tirer parti de son identité de bâtard pour s’ouvrir au monde.», selon le poète camerounais.

Pour M. Fumtim, Aimé Césaire a entretenu une relation bâtarde mais intime avec le continent africain : «Il n’a pas voulu rester exclusif, et a accepté d’autres rapports, on le voit au niveau de ses poèmes où abondent des éléments syntaxiques connus de la littérature orale africaine.»

Joseph Fumtim s’inscrit en faux au sujet de ce que d’aucuns considèrent comme ‘’une attitude molle du disparu vis-à-vis de l’hexagone’’.

Pour lui, «Césaire n’a pas accepté la présence de la France pour faire plaisir au colon, mais a voulu être trop fidèle à sa philosophie : une identité rhizomique avec une racine principale, mais aussi des radicelles. Il a voulu être tout simplement ouvert aux flux culturels, politiques et économiques qui ont longtemps structuré les relations entre la métropole et la Martinique».

Président de l’association La ronde des poètes, Jean Claude Awono loue «le côté visionnaire, la puissance expressive et l’obscurité lumineuse de l’œuvre de Césaire, qui a été nourrie par la révolte».

«Il avait un côté à la fois rebelle et militant. S’agissant du tutorat français, il a gardé une attitude de raison, considérant que la Martinique pouvait être libre tout en restant sous la protection de la France.»

Si Joseph Fumtim considère «Discours sur le colonialisme» comme la plus grande œuvre du disparu, en ce sens que «c’est l’un des livres les plus argumentés qui aient été produits par un négro africain contre l’infantilisation de l’Africain, l’auteur n’étant pas allé par un discours anti-Blancs et s’étant davantage basé sur l’humain», le choix de Jean Claude Awono va pour «Cahier d’un retour au pays natal», qui invite à la soif universelle, à la quête et à la reconnaissance de l’autre.

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