Le recueil édité en 2004 par les éditions Akoma Mba au Cameroun vient de renaître sous le sceau de Pocket au détriment du premier éditeur.
Dorine Ekwè
Quand les éditions Akoma Mba, spécialisées dans la littérature pour enfants au Cameroun lançaient le projet en 2004, il semblait bien simple. Il s'agissait alors pour l'éditeur de "Enfances" de laisser neuf écrivains raconter ou réinventer un souvenir d'enfance. Ananda Devi, Khabi Hane, Eliane Kodjo, Florent Couao-Zotti, Kagni Alem, entre autres y participèrent et le travail d'ensemble fût coordonné par l'écrivain congolais Alain Mabanckou. Le projet va alors mordre, au point qu'en 2005, Akoma Mba est approché par les éditions Ndzé fondées par Michel Cadence et dont le siège est à Bertoua, à l'Est du pays.
"A cette époque, la clause était claire. Lors de cette deuxième édition, les éditions Ndzé gèrent les droits relatifs à cette œuvre et de ce fait, entre 2005 et 2008, c'est à cette maison d'édition de gérer tous ces droits" expose Edmond VII Mballa Elanga, directeur des éditions Akoma Mba. Seulement, le hic survient il y a quelques semaines. "C'est tout à fait par hasard que j'ai appris que les droits avaient été revendus par les éditions Ndze à Pocket qui a publié le recueil en collection "Poche". J'ai adressé une correspondance à Michel Cadence, le directeur des éditions Ndze pour lui demander ce qu'il en est. Malheureusement, je n'ai eu aucune suite. Seuls quelques auteurs du recueil avaient été mis dans la confidence".
Le même mutisme a répondu à notre demande d'informations adressée au responsable de cette maison d'édition. Seulement, selon certaines indiscrétions, ce serait dans le but "d'améliorer le rendement des deux premières éditions du recueil". Ce qui, pour Edmond VII Mballa Elanga, n'a "aucun sens. Je ne suis pas contre le principe qui veut que les choses soient améliorées, mais je tiens tout de même à être informé de ce que devient le projet que j'ai lancé. Ce d'autant qu'à l'origine, il ne s'agissait pas d'une affaire d'argent. Les auteurs ont accepté de travailler sans aucune rémunération."
Pour cette troisième édition de "Enfances", l'illustration qui marque la couverture laisse penser au célèbre personnage de Kirikou. Sauf que sur cette illustration, ce sont deux enfants que la dessinatrice, Anne Buget a préféré mettre en avant.
Pour l'éditeur, cette implication dans ce projet s'explique par ceci que: "En Afrique comme ailleurs, les enfants lisent le petit prince et, parfois des livres qu'ils ne devraient pas. En Afrique comme ailleurs, ils s'enthousiasment des exploits d'un acrobate de cirque, ils espionnent les adultes et s'interrogent sur leurs comportements, ils s'aventurent dans les marais ou sur la mer alors qu'on le leur avait interdit…Mais l'Afrique où la nature, les traditions et le merveilleux sont omniprésents, leur offre un terrain de jeux un peu plus grand qu'ailleurs", selon le commentaire du romancier béninois Florent Couao-Zotti publié sur le blog de Alain Mabanckou.