Spectacle : Sanzy fait briller les filles

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Elle était la vedette de la soirée «demain au féminin» organisée vendredi dernier à Yaoundé.

 



Sanzy Viany est l’un des candidats au prochain concours de musique Découvertes Rfi (radio France Internationale) dont les finales se tiendront à Ndjamena en fin d’année. Et la soirée consacrée aux jeunes chanteuses camerounaises et baptisée «demain au féminin» tenue vendredi dernier au cabaret Mi-Sahel à Yaoundé lui a permis d’exposer son talent naissant. Même si la filleule de Queen Eteme n’a pas entièrement parcouru son album de huit titres, «Akouma» disponible depuis avril, elle a tout de même pris le public en haleine par une voix haute, une maîtrise de la scène et surtout ce tremblement de corps dont ont seul le secret les natifs du département de la Lékié dans la région du Centre dont elle est originaire.

Sanzy Viany (Viany comme le soleil) a raconté dans sa langue maternelle (l’Eton) des tranches de vie de ces jeunes filles ordinaires harcelées sur le chemin de l’emploi, une expérience qui est aussi la sienne. Elle qui a dû subir des chantages à l’emploi sous forme de propositions indécentes. L’album ne contient pas que des complaintes, on y trouve aussi des prières, des hommages, comme celui rendu à sa grand-mère et, au-delà, à toutes les femmes rurales. Et sur le podium de Mi-Sahel, sa grand-mère est montée péniblement. Mais, a dansé comme une jeune fille. Peut-être mieux si l’on en croit les applaudissements du public.

Déjà dans la foule pour l’apprécier et l’encourager à mieux affronter le concours Découvertes Rfi, d’autres jeunes chanteuses camerounaises engagées dans le même projet à l’instar de Alima, Danielle Eog, qui a enflammé la salle, Frédérique Ottou, la fille de Marcellin Ottou sur qui le public jette désormais un autre regard depuis qu’elle a participé au coffret anniversaire de son père paru le mois dernier. La jeune Frédérique, physiquement imposante, a conquis le public à travers sa voix grave qui interprète des chansons en anglais et sa maîtrise du piano. Les jeunes femmes ont été soutenues par la doyenne Anne Marie Ndzié, qui a exécuté quelques-uns de ses succès.

Ce rendez-vous de «Demain au féminin» a aussi permis de découvrir un jeune bassiste, de Maboma, le frère cadet du bassiste du groupe Macase Serge Maboma, qui a accompagné les «filles». L’on a tout de même constaté l’absence sur la scène de Looise Corry Ndenguemo, la chanteuse du groupe Macase, qui pendant plusieurs années déjà, a encouragé ses jeunes congénères à s’intéresser à la musique. Notamment «l’ethno-world music». Tout comme l’on n’a pas aperçu la rappeuse Lady B, engagée dans les spectacles de Eriko pendant le même week-end à Yaoundé et à Douala. Les «filles» ont promis de remettre ça l’année prochaine, pour la promotion de la musique auprès des jeunes camerounaises.

Justin Blaise Akono

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