Joël Teek : Plusieurs cordes à sa voix

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Après Macase et le hip hop, l'artiste inaugure le Nanga Style à travers son deuxième album.
Jules Romuald Nkonlak

Depuis quelques années, il est présent sur la scène musicale camerounaise, même si c'est de façon un peu discrète. Ceci pourrait s'expliquer par le fait que Joël Teek a quelques fois changé d'orientation et qu'il n'a pas toujours fait une musique qui soit des plus populaires. Membre fondateur du groupe Macase au milieu des années 90, il est alors plongé dans cette musique de synthèse, qui prend des éléments des musiques traditionnelles camerounaises et d'autres musiques du monde : la "world music", comme on l'appellera dans certains milieux.
L'aventure Macase, pour Joël Teek, va vite s'arrêter. Direction hip hop. Il travaille avec un certain nombre de rappeurs camerounais. Mais là aussi, il ne s'agit pas d'un arrêt définitif. "Je ne veux plus seulement faire le hip hop, mais une musique qui peut représenter le côté traditionnel, mais aussi le côté urbain de l'Afrique".

C'est cette nouvelle tendance, qu'il appelle le Nanga Style, que l'artiste présente à travers son deuxième album, sorti officiellement le 8 avril dernier. L'artiste explique la philosophie qu'il y a derrière ce mouvement: "C'est un style qui permet que tout le monde puisse se retrouver. Le Nanga Style explore tout l'univers dans lequel on a baigné. Tant que le hip hop camerounais n'a pas réussi à toucher les gars de la rue, on n'a pas gagné le pari. Il faut que notre art puisse être comme le football, aller vers les plus défavorisés."
Contrairement à sa première production, "Je viens de loin" en 2003, ce nouvel album est le fruit d'une collaboration avec Szabô, un artiste français. "C'est la rencontre des voix africaines et de l'accordéon (instrument de Szabô). C'est un mélange de couleurs", explique Joël Teek. La collaboration entre les deux artistes dure depuis quatre ans. Ce qui au départ devait juste être une discussion autour de la musique, a progressivement évolué vers un album de 5 titres qui met en valeur leurs visions de l'art.

La promotion de ce produit a été engagée, aussi bien à la radio qu'à la télévision, et Joël Teek ne craint pas vraiment de ne pas pouvoir toucher son public. "Tout le travail est de notre côté". Sur le fait que le Cd ne compte que 5 titres, il a un avis tranché : "J'aimerais même qu'on arrive au principe du single. Si on sort des albums de 20 titres, combien seront écoutés ?. Or si tous les 5 mois je peux sortir un single, c'est l'idéal."
L'artiste croit en cette vision, tout comme il croit au projet Culture Mboa, porté par Manuel Wandji et Ruben Binam du groupe Macase. Un projet qui permet aux artistes qui y adhèrent de rendre leurs oeuvres visibles, de les écouler à des prix avantageux pour le public, et surtout, de s'opposer à la piraterie.
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