Affaire Crédit foncier :

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 La défense obtient un troisième renvoi
Le procureur accuse de dilatoire les avocats de Côme Tienta qui multiplient les demandes préliminaires.
Jean Baptiste Ketchateng

24 heures de discussion avec les avocats qui l’ont précédé dans le dossier et son client, Côme Tienta, permettront-ils à Me Ngnie Kamga de s’imprégner suffisamment du dossier de l’affaire des détournements de deniers publics au Crédit foncier, au point de ne pas compromettre la défense des accusés dans cette affaire ? L’avocat qui s’est constitué hier matin dans cette procédure, alors que le procès reprenait après une semaine d’interruption, a en effet sollicité et obtenu après un échange houleux avec le procureur, une énième suspension de séance devant le tribunal de grande instance du Mfoundi à Yaoundé.
D’après cet avocat, la qualité des conseils et de la défense qu’il pourra apporter à M. Tienta, dépendra de sa bonne connaissance du dossier.

Au regard de l’accusation portée contre cet expert-comptable, soulignaient les autres conseils des accusés, il y avait effectivement lieu de surseoir. Côme Tienta et Charles Kooh II du cabinet Pricewaterhouse Coopers & Lybrand sont en effet accusés d’avoir aidé l’ancienne équipe de direction du Crédit foncier à détourner l’argent de la banque en dissimulant les actes de mauvaise gestion posés dans cette entreprise où ils servaient de commissaires aux comptes. Les deux experts-comptables auraient ainsi indûment reçu 36 millions de Fcfa pour leurs prestations au Crédit foncier. Le procureur les accuse également de s’être rendus complices du partage de 69 millions de Fcfa de dividendes fictifs. Bien plus, alors même que la loi les oblige à dénoncer au procureur de la République les actes frauduleux des gestionnaires d’entreprise dont ils auscultent la comptabilité, MM. Tienta et Kooh auraient "sciemment donné des informations mensongères sur la situation du Crédit foncier du Cameroun. " Tous actes suffisamment graves pour les envoyer en prison pour le restant de leurs jours, avertira un de leurs avocats.

Mais pour le procureur de la République, les inquiétudes du banc de la défense démontraient plutôt une intention de faire traîner le procès. " Ils ont commencé par demander un sursis, sous le prétexte que la Cour suprême n’avait pas encore statué sur une demande qu’ils avaient exprimée. Puis, ils ont dit que la liste des témoins ne leur avait pas été signifiée et qu’il fallait négocier la suite [conformément à la loi qui prévoit cette éventualité, soulignait la défense de Pricewaterhouse]. Enfin, ils demandent que l’on suspende pour qu’ils prennent connaissance du dossier, alors même que toute la semaine dernière, l’on n’a pas avancé parce que les avocats de M. Tienta n’étaient pas là. C’est du dilatoire ", a expliqué le procureur pour qui Me Ngnié Kamga pourra s’imprégner du dossier pendant les débats.
Piqué au vif, Me Ngnié Kamga a rétorqué qu’il n’avait pas peur de défendre son client. " Ma stratégie de défense ne le concerne pas. De quoi se mêle-t-il ? De quoi aurais-je peur ? ", a répliqué l’avocat en promettant de faire la preuve de sa capacité à défendre valablement son client " le moment venu ".
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