Dur, dur de faire son marché

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Depuis quelques mois, les prix des denrées alimentaires ont pratiquement doublé.

Martine T. avait prévu de préparer un bon plat d’ « okok » pour son mari qui n’en a pas mangé depuis longtemps. Arrivée au marché de l’Abattoir, la jeune femme est surprise par les prix. « La dernière fois que j’ai acheté les feuilles d’ « okok », la petite tasse coûtait 50 F Cfa. Maintenant, il faut payer 100 Fcfa. j’ai fait le tour du marché en pensant en trouver moins cher, sans succès », déclare la jeune femme. Mais sa surprise ne s’arrête pas là. « La tasse d’arachides m’a coûté 100 Fcfa contre 60 Fcfa il y a quelques semaines. Quant au manioc, les prix ont également doublé », ajoute Martine. Conséquence, la jeune femme doit revoir ses prétentions à la baisse. « Pour tout avouer, j’avais prévu de préparer l’ « okok » car la viande et le poisson sont devenus trop chers. Je pensais que ça me reviendrait moins cher de faire les légumes, mais je seulement économisé que 150 F sur les 1000 F que j’avais prévu », affirme T.

Depuis quelques mois, il est en effet devenu difficile, de faire son marché décemment du fait de l’augmentation du prix de presque toutes les denrées alimentaires. « Je n’arrive plus à vendre plus de trois kilogrammes de viande chaque jour. Bientôt, personne n’en mangera tellement c’est cher », déclare Amadou, boucher au marché de l’Abattoir. Légumes, plantains, tubercules, huile d’arachide ou de palme, tomates, condiments verts, rien n’est plus accessible. Le prix d’un œuf oscille entre 60 et 75 F ; le verre de pistache coûte au moins 300 F. « Même pour faire du macabo malaxé, il faut souffrir. C’est devenu un véritable casse-tête pour établir le menu de la semaine », commente une ménagère.

Du côté des vendeurs, on affirme n’obéir qu’à la conjoncture actuelle. « La nourriture nous arrive avec difficultés et comme c’est la saison sèche, beaucoup de choses sont rares. Mais il faut dire que c’est le coût de la vie en général qui grimpe et nous ne faisons que suivre pour survivre », déclare Tata Mado, « bayam sellam ». Malheureusement, ces prix semblent en constante augmentation. Et les ménagères ont recours à toutes sortes d’astuces. « Nous mangeons des pâtes avec des maquerelles ou alors je fais de la sauce d’arachide dans laquelle je trempe un ou deux poissons secs pour parfumer et donner l’impression qu’on a mangé du poisson. Mais dans quelques mois, je suis certaine que ce ne sera même plus possible», craint Thérèse Essama, ménagère.

  Josiane R. MATIA
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