Un Camerounais au conservatoire

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Voilà bientôt un an que Landry Biaba s’est installé à Strasbourg en France pour des études de musique.

Stéphane TCHAKAM


Il avait fait un spectacle " d’à bientôt " au Centre culturel français de Douala dans les derniers mois de 2006. Et Landry Biaba, le jeune chansonnier en verve dans la capitale économique, avait mis le cap sur l’est de la France. Sa candidature venait d’être retenue par le conservatoire national de la région de Strasbourg pour des études qui dureront quatre ans. Ce qu’on appelle une chance inouïe.

Pour bien comprendre, il faut se souvenir de la manière dont Landry Biaba surgit sur la scène d’une certaine chanson camerounaise. En 2003, au cinéma Le Wouri de Douala, le gars fait la première partie de Lokua Kanza, aîné congolais avec lequel il a la guitare, la coiffure rasta et le style en partage. Le public est alors séduit par ces quelques petites chansons psalmodiées dans une atmosphère clairement folk et doucettement jazzy.

Pilier de cabaret - pour des jams, attention- Landry Biaba s’avère professionnel et convainc la directrice du Ccf Nadia Derrar. Mais, autodidacte de la guitare, il lui manque quelque chose et il rêve d’une vraie école de musique. Nadia Derrar trouve donc une opportunité dans l’Hexagone. Il faut encore persuader les professeurs strasbourgeois qui ont auditionné le postulant à travers des enregistrements. Il faut encore trouver de l’argent pour financer les études et toutes les contingences qui vont avec.

La foi fait avancer le projet et depuis l’an dernier, Landry est inscrit au département de musique à improviser, option guitare. Au programme, jazz, improvisation et spontanéité. Tout y passe : harmonie, écriture, formation corporelle, solfège, percussions, etc. " Avant, je faisais des choses sans les comprendre. D’ailleurs, depuis que je suis là, j’ai presté avec des amis musiciens qui ont manifestement remarqué que quelque chose avait déjà changé dans ma manière de jouer. Il me fallait une bonne base pour me lancer définitivement et devenir un musicien de carrière ". Le jeune Camerounais qui côtoie toutes les nationalités au conservatoire explique que c’est un espace sans contraintes où chacun prend ses responsabilités. " Le conservatoire, précise-t-il, philosophe et énigmatique, vous apporte ce que vous voulez lui prendre ". Il a trouvé ses marques en France, repères qui serviront lorsqu’il faudra produire le déjà attendu du premier album.

Landry Biaba n’a pas arrêté de composer et se propose, à la faveur de ses vacances actuelles au pays, de faire un voyage à l’intérieur du Cameroun. Histoire de peaufiner quelques mélodies et textes qui lui trottent dans la tête. Histoire aussi de se ressourcer et de s’imprégner de ces odeurs et bruits qui continueront de nourrir son univers musical. Le pays est justement au centre de cet univers-là. Arrivé en plein hiver en France, Landry Biaba n’en finit pas de se demander ce qu’il pourrait faire pour le Cameroun et pas l’inverse. Merci JFK. Lui, il est musicien et mettra sa guitare et sa voix au service de son pays. Et Landry Biaba a 32 ans.

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