Quel est l’objectif poursuivi par les manifestations organisées pour vos 36 ans de carrière ?
Il n’y a pas d’objectif majeur. C’est un constat que j’ai fait depuis un certain nombre d’années. Il y a des aînés qui ont fait la musique avant moi, de très grandes œuvres, de grandes carrières, mais qui sont morts. Personne n’en a fait écho dans notre pays. On ne s’occupe même plus d’eux, on ne pense même plus à eux, même un seul jour il n’y a aucune manifestation à leur sujet. J’essaye de sensibiliser les gens. Vous voyez des gens qui ont donné tant d’émotions mais qui, disparus, n’ont pas laissé des œuvres palpables. Ils sont oubliés. Alors, tout ça m’a fait très peur. Je ne veux pas être, moi aussi, oublié. Je me suis dis que je risque de connaître le même sort. Si j’ai la chance d’être encore vivant, je dois absolument reconstituer tout ce qui m’a accompagné durant mes 36 ans de carrière : les costumes de scène, les chaussures, les guitares qui ont composé toutes les mélodies, les photos, les disques que les jeunes n’ont pas connus, etc.
C’est ce que vous appelez prendre votre destin en mains ?
Oui. Je ne sais pas si c’est prendre ma destinée en main, mais c’est simplement pour que je puisse un jour avoir quelque chose de concret. Lorsque j’ai commencé la musique, il n’y avait pas de télévision. C’est dire que beaucoup de gens n’ont pas vu mes costumes. D’autres ont eu la chance de me voir dans les salles de spectacle où je jouais. Ceux qui n’y étaient pas, notamment les jeunes, pourront me voir à nouveau à travers les cameras de télévision.
Vous avez innové à Douala avec l’organisation d’un concours de la chanson pour les jeunes de Douala….
C’est un processus. Après Yaoundé, il fallait que les gens de Douala en profitent. Alors j’innove avec ce concours pour jeunes à Douala. Moi-même, j’ai été lauréat d’un radio- crochet avec RTL à l’époque qui est devenu RFO aujourd’hui. Dans les établissements, il y a avait des orchestres scolaires. On n’en trouve plus. Dans les programmes scolaires, on a supprimé la musique. Il faut motiver les jeunes, car on ne sait jamais. Sur une pléiade, on peut trouver un ou deux qui ont un talent d’artiste.
Après cette parade, peut-on s’attendre à un nouveau disque d’Ekambi Brillant ?
On a des problèmes. Il y a un fléau qu’il faut éradiquer, c’est la piraterie. Je ne peux pas passer ma vie à dépenser, à utiliser ma matière grise, à gaspiller mon argent et autres pour enrichir les autres. Je ne peux plus accepter çà. Je n’envisage pas de nouveaux disques tant qu’une solution n’a pas été trouvée. Les pouvoirs publics devraient s’en occuper. Je pense qu’on ne fait pas assez pour la culture dans notre pays.
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