“ Pour moi, c’est l’album de l’expérience. Maintenant j’attends la réaction du public ”, avoue celui qu’on appelle affectueusement Le Maréchal. “ A qui le tour ”, le nouvel opus de Papillon dans les bacs depuis quelques mois, reste fidèle à la griffe de l’auteur. Côté pille, Papillon apparaît exubérant, casquette bordeaux, lunettes noires et cigare au bec. La veste sombre laisse entrevoir un gilet orange alors que les doigts portent des bagues qui brillent de tout l’or du monde, en parfaite harmonie avec le collier et les bracelets. Côté face, le même Papillon se tient légèrement derrière Manu Dibango l’invité surprise d’un album de onze titres, produit par l’incontournable Jps Production. Deux des morceaux ont été repris et joués deux fois. Allez savoir pourquoi. De telle sorte qu’en réalité, “ A qui le tour ” ne comporte que neuf chansons nouvelles.
Belle distribution
L’amateur des rythmes variés et ambiancés y trouve néanmoins son compte. “ A qui le tour ”, titre phare du disque, donne le ton. En un Makossa qui flirte avec des sonorités en vogue, du style Coupé-décalé. Le troisième morceau “ Longuè Lam ”(ma vie) rappelle un peu ce que l’artiste a déjà fait dans un précédent album avec son “Porc épic” et le quatrième, “ Je ne suis pas fini ” est encore plus cadencé. C’est ce que Le Maréchal appelle makossa-sakissa.
Mais c’est dans d’autres registres que Papillon surprend, bien qu’il ait des références en matière de salsa et de zouk. Lakissè mba, par exemple, est un zouk comme les Camerounais aiment, épicé et donc forcément relevé. Quant à Dubanne mba, c’est un slow qui par certains côtés renvoie à ce qu’un Ekambi Brillant a souvent fait par le passé dans ce domaine. Et que dire de la salsa ? Papillon a fini par apparaître comme l’artiste qui verse le plus naturellement dans cette musique.
Pour arriver à ce résultat, “Mota Nguin’ya” a fait appel, sans modération, aux instruments à vent. La flûte d’un Alain Oyono, le saxophone de Manu Dibango, Nicolas Gueret, la trompette Philippe Slomninsky ou encore le trombonne de Philippe Henry son autant d’atouts qui, mis ensemble avec la guitare basse de Guy Nsanguè, Richard Maye ou Lady Kashila. Les chœurs de Nono Flavie, Moka voire Joly Priso, donnent à l’album une harmonie particulière. Quelle distribution ! On peut alors comprendre que Papillon situe ce disque dans le champ de ceux qui sont le fruit de l’expérience. Les inconditionnels d’une certaine variété seront aux anges. Les défenseurs d’un retour à la tradition du makossa authentique, peut-être pas. Mais après tout, ne dit-on pas souvent que tous les goûts sont dans la nature ? Les mélodies sont belles et couvrent la pauvreté des paroles.
Avec A qui le tour, le Maréchal se donne des ailes pour définitivement décoller et s’en voler comme un vrai Papillon.
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