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Pakito : Je ne veux plus ressembler à Petit-Pays

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L'ancien "fils" du Turbo parle de son nouvel album, et de ses rapports avec son ex-mentor.
Propos recueillis par Eugène Dipanda



"Fool Options", votre nouvel album est disponible sur le marché depuis quelques jours. Pouvez-vous nous le présenter ?
C'est un album composé de neuf titres. Il est intitulé "Fool Options" parce que, au départ, c'était une véritable folie de ma part. J'envisageais d'être au début et à la fin de l'œuvre, c'est-à-dire à la production, aux arrangements, à la supervision du studio, au chant ; et même, je souhaitais changer de coloration musicale par rapport à mes albums précédents. Pour l'instant, les critiques qui me parviennent sont plutôt positives. Ma folie pourrait donc s'avérer payante…

Entre "Fool Options" et le dernier album de Pakito, "Présent" (2004), il y a eu un assez long silence. Qu'est-ce qui justifie cet endormissement ?
Au Cameroun, les conditions de production artistique sont assez complexes. Mon avant-dernier album était une autoproduction. Et, j'ai dû prendre mon temps parce que j'ai opté pour un changement radical de style. Il a donc fallu faire et refaire plusieurs choses. Mais, vu le résultat obtenu, je ne regrette pas pour autant ce long silence.

Vous parlez de changement radical de style musical. Avez-vous donc abandonné celui de Petit-Pays dont vous sembliez si bien suivre les traces ?
Le changement est peut-être radical, mais ça reste toujours dans le domaine du Makossa, mais un Makossa qui rentre aux sources de l'originalité de ce rythme cher au peuple Sawa. Certaines personnes évoquent la mondialisation pour maquiller ce rythme. Moi, je le préfère brut, je reste un peu plus patriote dans ma musique, et c'est cela ma particularité. J'ai décidé, dans mon nouvel album, de chanter avec mes tripes et mon cœur. Je refuse de copier qui que ce soit désormais. Je veux être moi-même. Je ne veux plus ressembler à Petit-Pays.

Mais il y a cette image de Petit-Pays qui semble vous suivre partout…
J'ai fait mon temps dans les "Sans Visas" de Petit-Pays. En trois ans, j'ai participé à la réalisation de trois albums, dont un en duo avec le Turbo. J'ai décidé de quitter le groupe en 1999, en compagnie de plusieurs autres jeunes. Non pas parce que j'avais un problème quelconque avec Petit-Pays, mais parce que je voulais voler de mes propres ailes, me jauger et voir ce que je vaux vraiment en dehors d'un groupe. Nous avons créé le groupe les "Sans Avis" plus tard, et nous avons sorti un album intitulé "Avertissement".

D'aucuns y voyaient un affront vis-à-vis de l'ancien maître. Et Petit-Pays, lui, parlait des "Mauvais anges chassés du ciel"...
Personnellement, je le répète, je n'ai jamais eu des problèmes avec Petit-Pays. Lui, en avait peut-être, et il serait mieux que cette question lui soit posée. Chaque fois qu'on s'est vu, on s'est salué, on s'est fait des sourires, etc. Pour la célébration de ses 20 ans de carrière, par exemple, j'ai confectionné tout son plan de communication. C'est un grand frère pour qui j'ai beaucoup de respect, et qui me le retourne bien. Pour mon nouvel album, je n'ai pas souhaité que des gens comme lui me soutiennent simplement parce que je voulais une œuvre qui transpire entièrement ma création. Mon souhait était de savoir jusqu'où je suis capable d'aller, là où s'arrêtent mes forces…

Qu'est donc devenu le groupe "Sans Avis " que vous avez créé après votre départ de chez Petit-Pays ? Travaillez-vous encore ensemble ?
Lorsqu'on voit Pakito, très souvent le "Général" Nguebo Solo n'est pas loin. Nous sommes très souvent ensemble, et nous nous soutenons mutuellement. Les "Sans Avis" restent un noyau très soudé, c'est quasiment une famille. Tous nos projets, nous les mûrissons ensemble.

Vous êtes réputé excellent interprète de Douleur. Et certaines personnes évoquaient un éventuel duo avec ce grand de la chanson…
Quand je commence la musique au collège entre 1989 et 1990, la première chanson que j'ai interprétée était une œuvre de Douleur. Et je l'ai tellement bien fait la première fois que cela m'a valu d'être nommé chanteur principal de l'orchestre de mon établissement. Et j'avoue que, depuis lors, c'est un personnage que je sublime et qui m'influence beaucoup. De par sa personnalité énigmatique, et surtout de par ses textes qui resteront un véritable vivier dans lequel pourront puiser plusieurs générations d'artistes. Je ne l'ai jamais rencontré, hélas. Mais je pense sincèrement, si l'occasion se présente, que je ferai bien un duo avec lui. Et je suis convaincu que je peux être à la hauteur. J'ai eu le bonheur de le remplacer une fois, lors d'un concert de Manu Dibango à Douala, où je devais faire des interprétations de Douleur dans les chansons de Manu. Et cela s'est plutôt bien passé.
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