Kaissa Doumbè gagne son duel face à l’équipe de France…

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Contre et face à elle, un adversaire de taille qui était tout simplement la fatidique date du 11 juin.


 Date qui correspondait pour le coup à l’ouverture du mondial et en France, à l’entrée en matière dans cette compétition des Bleus. Dans les esprits, il était donc plus facile de penser au football que d’aller voir une ‘reine et entendre une voix, fût-elle parmi les plus belles de la planète musique. Peu d’artistes auraient eu le courage d’affronter et l’ouverture de la coupe du monde et le match de l’équipe de France en donnant un spectacle aux date et heure indiquées comme l’a fait Kaïssa en France le 11 juin 2010.

Et c’est en toute légitimité que de nombreuses personnes, comme moi, ont dû se poser la question : pourquoi avoir programmé son concert aujourd’hui et à cette heure là ?

Mais c’était en effet sans compter avec la baraka qui est généralement la fidèle compagne des grands esprits. Et le public venu nombreux la porter, faisait symétriquement la preuve que Kaïssa Doumbè est un grand esprit, une grande dame de la chanson au talent incontesté et une sacrée ’’bête’’ de scène. ’’ C’est un mélange de douceur et de panache à la fois cette dame ’’ ainsi me parlait une spectatrice subjuguée par les exploits vocal et scénique de la camerounaise. Posons d’emblée le préalable et disons tout simplement que le Cameroun regorge de reines de la chanson, mais il y a Kaïssa Doumbè Moulongo…

Accompagnée de maman, venue applaudir sa fille mais surtout écouter le témoignage solennel et touchant de cette dernière à son endroit lorsque par deux fois, elle lui chante « Joy »,  chanson à elle dédiée dans l’album ’’Looking there’’ je rencontre l’artiste à l’entrée du Satellit Café. Quelques mots échangés avec la diva avant sa prise de service et de pouvoir, aucun signe perceptible qui traduirait le trac qui, généralement accompagne et précède la montée sur scène d’un artiste. Calme et toujours souriante, elle me souffle juste : ’’je vais mettre dans le bain et m’échauffer’’.

Lorsque à 21 heures 30 c’est-à-dire cinq minutes plus tard, elle sort de sa loge et apparaît au public qui attendait, c’est une boule d’énergie qui va se déployer sur la scène sous le regard hagard et émerveillé de tous.  Elle entame son tour de chant par ’’To ndjé’’, engageant par là le début des ’’hostilités’’ avant d’être rejointe sur scène par le virevoltant Franky à la basse, le discret et efficace Francis Legrand à la guitare et … le plus camerounais des polonais et groovant batteur Maciek Schejbal dont le jeu aussi spectaculaire qu’efficace des rythmes comme le bikutsi, ramène un sérieux candidat dans la grande maison des batteurs de renom que compte le Cameroun.

Kaïssa tient son public en respect par sa performance, son rayonnement, son élégance et sa voix. Une présence sur scène qui fait remonter en surface les souvenirs d’une autre grosse pointure de la chanson mondiale Tina Turner. D’ailleurs c’est un spectateur Daniel Christian Bellet Edimo, qui le mieux, résume la situation par cette formule : ’’ Ma sœur adorée, tu as assuré graaave!!!!! Tu étais rayonnante, ” lombo tika ndolo”!!! Quelle voix, quelle présence sur scène, quel feeling, quel déhanché, quelle relation avec le public…bref, quelle joie de vivre!!! ’’.

Avant la pause, près d’une heure et demie après le début, Kaïssa Doumbè en a mis plein la vue et l’ouïe à ce public qui a fini par se désinhiber et se lâcher lorsqu’il a été à maintes reprises mis à contribution pour faire les chœurs, parfois pour danser. Tout le monde y est allé de son pas de danse sous la houlette de kaïssa dont, la suivre  dans cet exercice est toute une gageure, d’autant plus que, devant nous, se mouvait une réelle boule d’énergie au charme irrésistible.

La deuxième partie du concert repart sous les mêmes auspices, le public découvrant sur scène, les chansons qui composeront le prochain album dont la plus émouvante ’’Fanta’’. Avec la grâce qui la caractérise, Kaïssa nous fait voyager autant dans les émotions que dans ses rencontres musicales avec la même maestria et le même aplomb. Un autre grand moment de forte émotion, lorsque après avoir salué la mémoire d’une de ses mentors Miriam Makéba et dire son respect pour Salif Keita, elle entame une chanson qui met en évidences les deux personnages, par la langue utilisée d’une part et par le rythme de l’autre.

Pendant que le monde communiait hier à Soweto lors de l’ouverture du mondial de football, Kaïssa Doumbè réussissait le pari de communier au Satellit Café avec ses fans venus nombreux lui dire au final ’’ nous t’aimons également, comme tu n’as de cesse de nous le dire dans tes chansons et dans tes messages sur le réseau social’’.

C’est le cas de le dire sans esprit partisan aucun, les absents ont eu réellement tort.


Jean-Jacques Dikongué|Samedi 12 Juin 2010| Tribune2lartiste.com|

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